Radik Gradenko

Radik Gradenko

Acteur : Alan Terry

Nom : Radik Gradenko
Nationalité : Soviétique
Affiliation : Union soviétique
Grade : Maréchal
Fonction : Haut commandant de l’Armée rouge
Supérieur : Joseph Staline
Associés : Nadia Zelenkov, Georgi Kukov
Conflit : Seconde Guerre mondiale alternative
Jeu : Command & Conquer : Alerte Rouge
Destin : Éliminé sur ordre de Staline

Radik Gradenko est un maréchal soviétique et l’un des principaux responsables militaires de Joseph Staline pendant la guerre opposant l’Union soviétique aux Forces Alliées.

Il appartient au premier cercle du pouvoir soviétique et apparaît dès le début de la campagne soviétique d’Alerte Rouge. Le jeu le présente immédiatement comme un officier parfaitement disposé à employer les méthodes les plus brutales pour satisfaire Staline.

Les expériences au gaz

Gradenko apparaît pour la première fois au Quartier général révolutionnaire du peuple, aux côtés de Staline.

Les Soviétiques viennent alors de tester un gaz toxique sur une population civile. Staline demande personnellement à Gradenko combien de temps l’arme met pour tuer ses victimes.

Le maréchal lui fournit froidement les résultats de l’expérience : les enfants sont morts en moins de quinze secondes tandis que les adultes ont succombé entre dix-huit et quarante-deux secondes.

Cette scène établit immédiatement la personnalité de Gradenko : un officier brutal, servile envers Staline et parfaitement disposé à participer aux atrocités du régime.

Le nouveau Commandant soviétique reçoit alors sa première mission : écraser la ville polonaise de Toruń, dont les habitants ont résisté à l’occupation soviétique. Cette opération sert également de test destiné à déterminer si le Commandant est suffisamment obéissant et impitoyable pour progresser dans la hiérarchie soviétique.

La conquête de l’Europe

Gradenko participe ensuite à la conduite de l’offensive soviétique contre l’Europe.

L’Armée rouge dispose d’une supériorité numérique considérable, mais la résistance alliée ralentit fortement l’avancée.

Lors d’une opération précédant la prise de Berlin, Gradenko affirme notamment que l’Union soviétique dispose de quatorze divisions blindées contre seulement trois divisions alliées.

Nadia ne manque pas de lui rappeler que ces trois divisions suffisent pourtant à bloquer son offensive.

Gradenko affirme alors que, compte tenu du rythme de progression de l’Armée rouge, toute l’Europe pourrait être occupée en soixante jours. Nadia lui répond cependant que l’offensive possède déjà onze mois de retard sur le calendrier prévu.

Cette relation résume assez bien les rapports entre les deux personnages.

Gradenko représente le haut commandement militaire traditionnel, arrogant et soucieux de préserver son prestige auprès de Staline, tandis que Nadia se montre beaucoup plus froide, pragmatique et politiquement dangereuse.

L’affaire de l’espion allié

Lorsque les forces soviétiques progressent en Scandinavie, un espion allié infiltre une installation soviétique de production de gaz dans le sud de la Suède et parvient à la détruire.

L'incident constitue une humiliation pour Gradenko.

Plutôt que d'informer immédiatement Staline de cet échec, le maréchal tente de dissimuler l'affaire. Nadia découvre cependant ce qui s'est produit et révèle directement la situation au dirigeant soviétique.

Le Commandant soviétique reçoit alors l'ordre de retrouver l'espion avant qu'il puisse rejoindre les forces alliées.

Malgré l'aide de la résistance suédoise et des derniers soldats alliés présents dans la région, l'agent est finalement capturé et exécuté.

L'épisode marque néanmoins le début du déclin politique de Gradenko.

Ses erreurs deviennent de plus en plus difficiles à dissimuler et Nadia profite progressivement de ses échecs pour renforcer sa propre influence auprès de Staline.

Un homme de Staline

Malgré ses difficultés militaires, Gradenko demeure pendant un temps l'un des officiers auxquels Staline accorde personnellement sa confiance.

Cette proximité apparaît particulièrement clairement lorsque la paranoïa du dictateur atteint de nouveaux sommets.

Persuadé que plusieurs de ses généraux complotent pour l'assassiner, Staline prépare une nouvelle série de purges au sein du haut commandement soviétique.

Complètement ivre, il convoque Gradenko et lui présente une liste d'officiers qu'il considère désormais comme des traîtres.

Gradenko remarque avec soulagement que son propre nom ne figure pas parmi eux.

Staline lui explique qu'il lui fait confiance parce que Gradenko l'a toujours soutenu dans son ambition de reprendre les territoires qu'il considère comme ayant été volés à la Russie.

Il lui accorde alors « l'honneur » de signer personnellement les mandats d'exécution des généraux condamnés.

Gradenko accepte.

Cette scène constitue probablement le moment le plus révélateur du personnage : pour conserver la confiance de Staline, il accepte de condamner ses propres camarades et collègues à la mort.

Le Rideau de fer et la chute de Gradenko

Mais pendant que Staline et Gradenko célèbrent leur loyauté mutuelle, Georgi Kukov et Nadia les observent secrètement par caméra.

Ils découvrent alors un problème beaucoup plus grave.

Gradenko a abandonné un camion transportant des éléments du Rideau de fer, l'une des technologies soviétiques les plus secrètes. Le véhicule est tombé entre les mains des Alliés, qui comptent étudier son contenu.

Kukov remarque que Gradenko s'est bien gardé d'informer Staline de cet incident.

Le Commandant soviétique reçoit donc l'ordre de détruire le camion et toutes les forces alliées susceptibles de s'échapper avec les composants de la super-arme.

Cette erreur condamne politiquement Gradenko.

Après avoir servi Staline pendant des années et participé lui-même aux purges de ses officiers, le maréchal devient à son tour une responsabilité dont le régime doit se débarrasser.

Sa position dans le haut commandement est finalement reprise par Georgi Kukov, qui devient le principal supérieur militaire du Commandant soviétique. Le parcours de ce dernier confirme que les erreurs de Gradenko conduisent à son éviction.

Victime du système qu'il servait

C'est cet aspect que je développerais particulièrement pour Gradenko.

Il n'est pas présenté comme un personnage sympathique injustement victime de Staline. Au contraire, Gradenko participe pleinement à la brutalité du régime.

Il supervise des expérimentations d'armes chimiques sur des civils, participe à la conquête soviétique de l'Europe, cache ses propres échecs et accepte de signer les condamnations à mort d'autres généraux pour préserver sa position.

Mais aucune loyauté n'est suffisante dans le système de Staline.

Lorsqu'il devient lui-même embarrassant, Gradenko subit exactement le mécanisme auquel il avait jusque-là contribué.

Son histoire préfigure d'ailleurs celle de plusieurs autres responsables soviétiques : Staline élimine progressivement ses propres officiers et conseillers, tandis que Nadia manipule les rivalités internes pour accroître son influence.

Gradenko représente donc très bien l'atmosphère de la campagne soviétique du premier Alerte Rouge : les généraux de l'Armée rouge doivent autant craindre les Alliés sur le champ de bataille que Staline et leurs propres collègues à Moscou.